Contre les MGF

Protection

 Malgré les efforts de prévention, le risque d’excision en Europe ou lors d’un voyage au pays d’origine est toujours présent. Le fait d’organiser ou de pratiquer une MGF est puni par la loi belge « article 409 du code pénal ». Le rôle du GAMS Belgique est de pouvoir outiller les professionnel∙le∙s et/ou les membres de la famille pour empêcher une excision imminente ou un projet d’excision.

Écoutez notre épisode du podcast Toutes Entières qui explore les efforts déployés pour renforcer la protection des filles à risques.

LA LOI BELGE

 

Depuis 2001, les mutilations sexuelles féminines font l’objet d’une incrimination spécifique en droit belge.

L’article 206 du Code pénal (entré en vigueur le 01/09/2026, anciennement article 409) définit les mutilations génitales féminines comme « le fait de mutiler intentionnellement, de quelque manière que ce soit, les organes génitaux féminins, avec ou sans le consentement de la victime, ainsi que le fait de faciliter ou de favoriser cette pratique. » Cette infraction est punie d’une peine de niveau 3, ce qui correspond à une peine d’emprisonnement de plus de trois ans à cinq ans maximum (ou une mesure privative de liberté de plus de deux ans à quatre ans maximum). — ART. 206 DU CODE PÉNAL BELGE

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal, la tentative de mutilation génitale n’est plus punie d’une peine inférieure : selon la partie générale du code (art. 91 C.pén.), une tentative d’infraction contre les personnes est punie de la même peine que l’infraction consommée, soit également le niveau 3.

La gravité des conséquences constitue une circonstance aggravante : en cas de recherche de profit (art. 207 C.pén.) ou d’atteinte à l’intégrité du troisième degré (art. 208 C.pén.), une peine de niveau 4 s’applique (plus de cinq ans à dix ans maximum d’emprisonnement) ; en cas de décès de la victime (art. 209 C.pén.), le niveau 5 s’applique (plus de dix ans à quinze ans maximum).

Lorsque la victime est mineure ou se trouve dans une situation de vulnérabilité, l’article 210 du Code pénal prévoit un niveau de peine plus élevé (niveau 4), pouvant aller jusqu’au niveau 5 (plus de dix à quinze ans) en cas d’atteinte à l’intégrité du troisième degré, et au niveau 6 (plus de quinze à vingt ans) si les faits entraînent la mort.

Le lien familial avec l’auteur (parent, ascendant, ou personne ayant autorité sur la victime) ne constitue plus automatiquement une circonstance aggravante, mais est pris en compte par le juge dans la détermination de la peine.
Lorsque l’infraction est commise en présence d’un mineur, cela constitue un facteur aggravant supplémentaire (art. 212 C.pén.).

L’incitation à la mutilation génitale ou la publicité en faveur de celle-ci est punie séparément par l’article 211 du Code pénal, d’une peine de niveau 2 (notamment une peine d’emprisonnement de six mois à trois ans, ou une peine alternative telle qu’une peine de travail ou une surveillance électronique).

Toute personne qui se rend coupable de MGF en dehors du territoire belge peut être poursuivie en Belgique (art. 14/6 Titre préliminaire du Code de procédure pénale). L’auteur doit toutefois être retrouvé en Belgique. L’action publique ne se prescrit pas lorsque la victime était mineure au moment des faits (art. 21bis Titre préliminaire du Code de procédure pénale).

En Belgique, très peu de plaintes ont été déposées et aucune condamnation n’a été prononcée depuis l’entrée en vigueur de cette disposition pénale. Il n’existe donc aucune jurisprudence disponible sur ce sujet.

LOI INTERNATIONALE

 

De nombreux pays répriment les mutilations sexuelles féminines en Europe, mais aussi en Afrique : Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Togo, Somalie, Guinée, Djibouti, Ethiopie, Mauritanie etc…

Pour découvrir toutes les législations existantes, rendez-vous sur le site de la Communauté des pratiques (CoP).

INTACT ASBL : LE GAMS BELGIQUE REPREND LE FLAMBEAU

Le GAMS Belgique a repris depuis 2019 l’accompagnement juridique des personnes concernées par les mutilations génitales féminines et les mariages forcés, historiquement assuré par l’ASBL INTACT.

Différentes conventions internationales ont été ratifiées par la Belgique et de nombreux pays :

  • CEDAW – Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (13 janvier 1984)
  • Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (21 octobre 1986) à laquelle ont adhéré plus de cinquante états africains
  • CRC – Convention internationale sur les droits de l’enfant (1990)
  • Protocole de Maputo (adopté en juillet 2003) : ce protocole vient en complément de la Charte africaine pour promouvoir les droits fondamentaux des femmes en Afrique et veiller à la protection de ces droits.
  • Convention d’Istanbul, entrée en vigueur en 2014 : convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (ratifiée en 2016 par la Belgique et en juin 2023 par l’UE).

soutien juridique

Le GAMS Belgique assure un accueil de première ligne pour un soutien juridique et des consultations de deuxième ligne pour les professionnel·le·s qui ont des questions juridiques liés à la protection nationale et internationale. On estime aujourd’hui à 12 064 le nombre de petites filles à risque d’excision si aucun travail de prévention n’est fait. L’ASBL offre ainsi des informations spécifiques sur la législation en vigueur, la jurisprudence belge relative à la prise en compte des MGF et MF dans les demandes de protection internationnale, sur la doctrine et les données issues des rapports Pays portant sur les mutilations génitales féminines, le mariage forcé ainsi que les autres violences  liées. Ce service juridique ne remplace pas l’avocat·e dans les procédures.

L’offre juridique de GAMS Belgique consiste en :

  • Un soutien de première ligne aux familles concernées via le service psycho-socio-juridique du GAMS Belgique
  • Un accompagnement multidisciplinaire avec l’équipe psycho-socio-juridique du GAMS Belgique
  • Un approfondissement des questions juridiques via des formations
  • Soutien de deuxième ligne aux avocat∙e∙s et aux services spécialisés en droits des étrangers face à des situations juridiques complexes

 

MGF : bases de données juridiques

Le GAMS Belgique met à disposition plusieurs ressources juridiques.

Tableau de jurisprudence

L’équipe juridique du GAMS Belgique réalise le suivi de la jurisprudence du Conseil du Contentieux des Étrangers (CCE/RvV) concernant les demandes de Protection Internationale, introduites par des femmes/filles victimes ou à risque de MGF et/ou de mariage forcé, en application de la Convention de Genève du 15 juillet 1951 relative au statut de réfugié.

Tous les arrêts relatifs aux MGF et violences de genre, publiés depuis 2020, font l’objet d’une analyse détaillée reprenant les éléments propres à la situation personnelle des requérant·e·s ainsi que les éléments, de fait et de droit, fondant la décision du CCE/RvV. Une recherche dans le tableau peut être effectuée sur base des 15 critères examinés.

Rapport par pays

Cet outil « country report » contient des informations essentielles sur les mutilations génitales féminines dans le monde et les violences basées sur l’honneur qui y sont liées. Il n’a pas la prétention d’être exhaustif. Il comprend les rapports les plus récents et cite des sources plus anciennes en fonction de la fréquence de publication de nouveaux documents.

Outils & ressources

Le détectomètre

UN OUTIL ESSENTIEL

Destiné aux professionnel.le.s, il vise à établir un protocole d’orientation ; il aide à identifier les actions à entreprendre pour protéger les filles et assurer le suivi d’une fille déjà excisée et de ses sœurs à risque de l’être dans le dialogue, si possible, avec les parents et l’enfant.

Newsletter juridique

 

La newsletter juridique du GAMS Belgique est à destination des juristes, avocat·e·s, acteurs·rices du monde judiciaire ou autres organisations. Son objectif ? Approfondir les questions juridiques relatives aux mutilations génitales féminines (MGF), les mariages forcés et autres violences qui y sont liées.

Retrouvez les archives des newsletters ici.

Personnes de contact

Amélie Nsimba Nlasa

Juriste

Antenne Bruxelles (FR), Liège et Namur

amelie@gams.be
+32 492 35 80 18

Jente Konings

Juriste

Antenne Bruxelles (NL) et Flandre

jente@gams.be
+32 492 35 35 90

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