Questionner les masculinités pour lutter contre les violences faites aux femmes

Parmi ses ateliers communautaires, le GAMS Belgique propose une activité à destination des hommes afin de questionner les mutilations génitales féminines (MGF) et autres violences de genre en adoptant un regard critique sur les masculinités. Retour sur l’édition 2020 de l’atelier « Men Speak Out ».

Des hommes qui luttent contre les MGF

Cet atelier s’inscrit dans la pérennité du projet européen « Men Speak Out » coordonné par le GAMS Belgique en 2015 et 2016, dont l’objectif était d’impliquer les hommes dans la lutte contre les MGF.

Animé en ligne par Annalisa D’Aguanno et Seydou Niang, l’atelier de 2020 a été organisé en 6 modules permettant à un groupe fermé de participants de questionner les MGF et leurs rapports à la féminité et à la masculinité, mais aussi d’aborder l’éducation traditionnelle féminine et masculine, l’injustice, et les privilèges masculins.

Que sont les masculinités ?

Véritable fil rouge de cet atelier, les masculinités ont été définies comme l’ensemble des valeurs qu’une personne doit endosser dans un groupe spécifique pour correspondre au genre masculin. Les masculinités peuvent être positives ou négatives, dépendamment de l’utilisation propre de son statut d’homme.

L’excision et les rôles sociétaux

Les MGF définissent le rôle de la femme au sein de la société. Lors de leurs discussions, les participants associent les MGF à « l’apprentissage de la douleur, au sacrifice de soi. » C’est aussi « l’éducation aux codes culturels du mariage : le respect des autres, mais surtout du mari », entre autres.

Qu’ils y adhèrent ou pas, ils expliquent : « Dans l’imaginaire, une femme qui n’est pas excisée ne peut pas avoir toutes ces valeurs et du coup, elle n’est pas crédible en tant que femme. Et son mari n’a pas non plus la crédibilité nécessaire pour vivre dans la société. Aucun des deux n’a alors de valeur. »

Déconstruire les privilèges

Les participants ont ensuite remis en question le rôle de l’homme. Souvent, « l’homme doit comprendre que son rôle est de dominer et la femme doit comprendre que son rôle est d’être dominée. C’est le système qui le dicte. » Mais ils ne s’arrêtent pas là : « L’homme en construction est élevé de manière violente à transmettre la violence. Il ne doit pas avoir de faiblesses ou approcher le monde féminin au risque de perdre ses pouvoirs. »

Certains éduquent leurs enfants autrement. Est-ce que cela remet en question l’homme qu’ils sont ? Leur place dans la communauté ? Comment être de bons enfants si on ne transmet pas l’éducation donnée par ses propres parents ?

Constats

Au cours de l’atelier, certains hommes témoignent de l’importance d’avoir pu exprimer leurs ressentis personnels par rapport au poids de cette éducation imposée, des attentes passées et actuelles de la communauté.

A travers cette libération émotionnelle, les injustices peuvent être dites et le système remis en question petit à petit. Le travail des émotions et de leurs expressions, nous semble maintenant une étape cruciale dans le travail des masculinités. La prochaine étape ? En parler autour d’eux. Pour que cessent les injustices et les violences de genre.


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