#endFGMmyths : Non, les mutilations génitales féminines ne sont pas un « problème africain »

Les discours autour des mutilations génitales féminines (MGF) sont souvent teintés de stéréotypes et de mythes. Dans le cadre de la campagne #endFGMmyths du Réseau européen End FGM, le GAMS Belgique met les choses au point : les MGF sont un problème mondial. Explications.

Un problème africain : oui… et non

On a longtemps pensé que les pratiques liées aux MGF étaient limitées à l’Afrique. On associe rarement l’excision à l’Indonésie, à l’Iran, au Pakistan, à la Colombie… Où elles perdurent pourtant

Considérer les MGF comme une « pratique africaine », c’est aussi sous-entendre que toute l’Afrique est concernée. Or, certains pays d’Afrique tels que l’Angola ou le Botswana ne connaissent pas la pratique. Les prévalences peuvent également varier fortement au sein d’un même pays, en fonction des ethnies ou des régions.

À l’origine, une carte du monde tronquée

Si ce raccourci est récurrent, c’est que les publications de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou de l’UNICEF ne montrent souvent qu’une carte de l’Afrique avec les prévalences validées des études démographiques et santé. Il y avait déjà des rapports d’ONG ou de chercheurs mentionnant la pratique de MGF dans d’autres continents en Asie et en Amérique Latine mais sans données nationales.

Cela s’est amélioré depuis. En effet, les données officielles de l’Indonésie sont maintenant disponibles et ont fait passer la prévalence mondiale de 130 000 à 200 000 millions de femmes et filles concernées. Il est donc important de présenter une cartographie mondiale et pas seulement africaine ainsi que de continuer à collecter des données nationales sur les MGF.

Conceptions erronées, tabou… Et manque de prise en charge !

Ce focus sur l’Afrique n’est pas sans conséquences. Alors que les femmes originaires des pays couramment associés aux MGF sont assez rapidement repérées et accompagnées, les femmes originaires d’autres communautés pratiquantes comme les femmes kurdes du nord de l’Irak ou les femmes indonésiennes sont rarement la cible de programmes de prévention et la problématique n’est pas évoquée avec elles en consultation médicale. Le sujet est tabou : si elles ne disent rien… Elles ne reçoivent pas l’accompagnement adéquat.

Des communautés « difficiles à atteindre »

Pour reprendre les mots de Solomon Amare Zewolde, activiste au sein de l’association anglaise FORWARD UK, lors de la conférence Preventing Female Genital Mutilation in Hard to Reach Communities en avril dernier : « Nous ne sommes pas difficiles à atteindre. Pas du tout. C’est plutôt les ONG qui ne font rien pour nous atteindre et qui ne sortent pas de leur bureau. En tant que membres d’une communauté, nous nous sentons oublié.e.s. »

Les activistes Jaria Lalla-Hussein et Hozan Mahmoud nous parlent respectivement de la question des MGF au sein de la communauté Bohra en Asie et de la communauté kurde au Moyen-Orient.

« La communauté Bohra pratique les excisions dites ‘khafz’ et ‘khatna’ qui sont en fait des mutilations génitales féminines de types 1 et 4. » - Jaria Lalla-Hussein, activiste (WeSpeakOut UK)
« Un tel crime ne touche pas seulement l’enfant dans son intégrité physique et morale, mais touche aussi la vie de famille kurde dans son ensemble. » - Hozan Mahmoud, activiste kurde pour les droits des femmes

#EndFGMmyths, déconstruire les stéréotypes autour des MGF

Chaque année, le réseau EndFGM lance une campagne autour de la thématique des mutilations génitales féminines. Cette année, l’accent est mis sur la déconstruction des stéréotypes et des idées reçues : « Les MGF sont une affaire de femmes », « l’excision est imposée par l’Islam » ou encore « Les femmes excisées n’ont pas de plaisir sexuel » …

Pour aller plus loin, consultez notre ouvrage « Mutilations sexuelles, déconstruire les idées reçues », publié en 2017 dans le cadre du réseau des Stratégies concertées de lutte contre les MGF (SC-MGF), et récemment ré-édité et traduit en anglais par le GAMS Belgique et EndFGM.


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