#MyVoiceMatters : Des relais communautaires contre les violences faites aux femmes

Le GAMS Belgique, qui lutte contre les mutilations génitales féminines et autres violences faites aux femmes, est une association à base communautaire. Son travail de prévention et de sensibilisation s’effectue au quotidien avec les communautés concernées. Dans ce cadre, les relais communautaires jouent un rôle crucial : l’exemple du projet ACCESS.

ACCESS

Le projet ACCESS a pour but d’améliorer la prévention, la protection et le soutien des femmes migrantes en Europe confrontées à différents types de violences de genre. Pour l’instant, il est en implémentation en Belgique mais également en Espagne par Médicos del Mundo et au Royaume-Uni par FORWARD UK.

Ce projet s’articule par la formation des professionnel.le.s de première ligne, un campagne de communication ainsi que la formation et les activités des relais communautaires.

Le rôle crucial des relais communautaires

Chaque communauté a ses spécificités et sa complexité. Les relais communautaires sont des bénévoles issu.e.s des communautés concernées notamment par les mutilations génitales féminines. En d’autres termes, ce sont des personnes qui connaissent les réalités des communautés et le contexte socio-culturel spécifique aux différentes formes de violences de genre.

Les relais sont aussi formé.e.s à l’accompagnement et à l’orientation des personnes concernées. Ils et elles jouent un rôle de repère et de soutien pour des personnes qui sont parfois dans des situations très complexes, mais ont aussi un rôle d’intermédiaire avec les services de soutien.

L’expérience d’Idil

Idil Hassan est relais communautaire ACCESS. Aux côtés du GAMS Belgique, elle lutte bénévolement contre les mutilations génitales féminines et les autres formes de violences faites aux femmes.

« Pour moi, m’engager au sein d’ACCESS a été une décision intuitive. Cela ne s’explique pas vraiment, il y a des choses qu’on aime… Et moi, j’aime aider les gens.

À mon arrivée en Belgique, j’étais dans un centre d’accueil pour demandeurs.ses d’asile. Là-bas, j’ai vu beaucoup de difficultés. Il y avait des barrières. Je parle le somali, donc je pouvais écouter les femmes somaliennes. Elles étaient en souffrance, mais elles avaient peur de parler, peur des représailles, et elles ne connaissaient pas leurs droits en Belgique. Puis, il y avait la barrière de la langue. Comme je parle français, j’ai joué un rôle d’intermédiaire entre elles et les différents services.

Une personne qui ne se sent pas comprise par son environnement se sent seule. L’écouter, aller au-delà de la barrière de la langue, c’est sortir cette personne de la solitude. Parfois, l’écouter, c’est déjà l’aider. Car elle se sent soutenue et comprise. »

Le lancement officiel d’ACCESS se fera en novembre 2019, mais Idil est préparée. En effet, elle a déjà suivi trois week-ends de formation organisés par le GAMS Belgique. Au programme ? Le genre, les privilèges, les droits humains, les droits reproductifs et sexuels, la compréhension des différents types de violences de genre, le self-care, le changement social, la communication interculturelle et le changement social et le rôle des relais communautaires.

« La formation ACCESS m’a apporté beaucoup. Un aspect très important de la formation a été la communication au sein du groupe. Au cours des différents ateliers, chaque personne a pu partager ses expériences et cela a vraiment eu un effet bénéfique. Les langues se sont déliées, la parole s’est libérée.

En plus, nous avons traité de différents types de violences, pour réaliser que celles-ci avaient toutes une origine commune. Les violences envers les femmes prennent différentes formes mais sont liées entre elles. Les femmes subissent plusieurs violences au cours de leur vie. C’est un continuum.

Les profils des relais communautaires étaient très divers, et nous avons maintenant une personne de référence dans les différentes communautés migrantes en Belgique. »

#MyVoiceMatters : les voix de la communauté

Le GAMS Belgique est membre du Réseau européen EndFGM dont la campagne annuelle s’intitule en 2019 « #MyVoiceMatters : les voix de la communauté pour en finir avec les mutilations génitales féminines ». À travers cette campagne, EndFGM souhaite mettre en lumière l’importance des voix des communautés dans le mouvement de lutte contre les mutilations génitales féminines.

Depuis peu, Idil est ambassadrice au sein du réseau EndFGM depuis peu et portera sa voix au niveau européen également !


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