Circoncision

La circoncision, le fait de couper le prépuce (la peau qui recouvre le gland du pénis), est une pratique qui se fait aujourd’hui dans différents pays et différentes communautés pour des raisons religieuses (juifs, musulmans) ou plus traditionnelles (Afrique sub-saharienne) et des avantages hygiéniques supposés (en particulier aux États-Unis).

Que faut-il en penser ?

De plus en plus de personnes s’adressent au GAMS Belgique pour connaître notre position et pour savoir si nous venons aussi en aide aux hommes qui souffrent de leur circoncision.

Comme pour l’excision, la circoncision est un acte posé sur le corps de l’enfant sans consentement de celui-ci. Contrairement à l’excision, les juifs et les musulmans voient dans la circoncision une obligation religieuse. Cependant il est bon de rappeler que la circoncision et l’excision sont des pratiques culturelles très anciennes qui remontent bien avant l’avènement des religions monothéistes. Elles n’ont donc pas leur base dans la religion mais dans la tradition.

Sur le long terme, un homme circoncis qui ne se protège pas sera infecté, car seul le port du préservatif protège efficacement
En ce qui concerne les effets positifs pour la santé : s’il est vrai que certaines études randomisées contrôléesont démontré une réduction du risque de transmission du VIH de 50 % de la femme à l’homme chez les hommes circoncis, cette réduction de la transmission n’est valable que sur une courte durée puisque les études démographiques et santé nous montrent aucune différence de prévalence de VIH entre les hommes circoncis et non circoncis dans des pays à forte prévalence de VIH, voir même des pays où la prévalence du VIH est plus élevée chez les hommes circoncis (Cameroun, Malawi ou Lesotho2) . Cela veut dire que sur le long terme, un homme circoncis qui ne se protège pas sera infecté, car seul le port du préservatif protège efficacement. Cette réduction du risque de transmission du VIH par cette voie ne peut en aucun cas être utilisé pour justifier la circoncision chez des bébés ou jeunes enfants car ceux-ci n’ont pas de rapports sexuels et ne sont donc pas à risque de contracter le VIH.

Le traitement du phimosis (prépuce dont l’étroitesse empêche la rétraction) est souvent invoqué comme LA BONNE indication pour une circoncision, alors qu’en fait il existe des solutions moins radicales et que c’est une pathologie qui reste très rare si on ne touche pas inutilement au pénis du garçon. La méconnaissance de l’anatomie et de la fonction du prépuce fait que des décalottages forcés dès le plus jeune âge (alors que le prépuce est naturellement soudé au gland chez le petit enfant) peuvent engendrer des problèmes (phimosis, paraphimosis) au lieu de les prévenir. L’indication de phimosis dans les hôpitaux et cliniques est très fréquente, car elle permet de rembourser la circoncision qui passe alors pour une raison médicale.

La fonction du prépuce est souvent sous-évaluée dans la sexualité. Souvent assimilé à un morceau de peau banal, il s’avère que le prépuce est la zone la plus innervée du sexe masculin. Avec la circoncision, l’homme perd la sensibilité du prépuce et d’une partie du gland (en effet, en l’absence de prépuce, la peau du gland s’épaissit et se durcit au contact avec l’air et les vêtements). Le prépuce joue également un rôle par son mouvement d’enroulement-déroulement dans la lubrification du vagin.

Si les conséquences sur la santé de la circoncision peuvent paraître moindre que l’excision, il ne faut pas sous-estimer son impact, car les appels que nous avons reçus ces dernières années au GAMS de la part d’hommes en souffrance nous montrent qu’elles sont réelles et qu’elles doivent être entendues.

L’équipe du GAMS Belgique est constituée de personnes d’origines et de cultures différentes. La circoncision est un sujet qui est régulièrement débattu au sein de l’association depuis 2014. A ce jour, il n’a pas été trouvé de point d’accord sur la question puisque les avis au sein de l’équipe varient en fonction des appartenances religieuses et culturelles de chacun, mais chaque membre de l’équipe a pu être confronté aux différents arguments pour et contre la circoncision lors des débats en équipe.

Si vous voulez avoir plus d’informations, nous vous conseillons de vous adresser à l’association Droit au Corps (http://www.droitaucorps.com/) qui pourvoit des informations de prévention, mais également un soutien aux hommes circoncis ou aux parents qui questionnent la pratique.

Il n’existe pas encore d’association de ce type en Belgique, mais le GAMS Belgique a commencé à collecter des informations pour renseigner au mieux les hommes circoncis en demande d’accompagnement.


1Auvert B, Taljaard D, Lagarde E, Sobngwi-Tambekou J, Sitta R, et al. (2005) Randomized, controlled intervention trial of male circumcision for reduction of HIV infection risk: The ANRS 1265 trial. PLoS Med 2:e298. 
Bailey RC, Moses S, Parker CB, et al. Male circumcision for HIV prevention in young men in Kisumu, Kenya: a randomised controlled trial. Lancet 2007;369:643-56.
Gray RH. Kigozi G, Serwadda D, et al. Male circumcision for HIV prevention in men in Rakai, Uganda: a randomised trial. Lancet 2007;369:557-66.

2Garenne M. Male circumcision and HIV control in Africa. PLoS Med 2006;3(1):e78.
Garenne M. (2008). Long-term population effect of male circumcision in generalized HIV epidemics in sub-Saharan Africa. African Journal of AIDS Research; 7(1):1-8.